MAI 2010

ACCIDENT MORTEL SUR UN ENFANT :

Encore un drame de la relation homme-chien.

Un enfant de 2 ans à été mordu par son chien et a succombé à ses blessures.

Même si cela peut choquer, il est important d'utiliser ce drame pour réfléchir aux éléments qu'il nous apporte. Le chien, Malinois, n'est pas un chien classifié selon les termes de la loi en vigueur, les parents de l'enfant sont des "amateurs éclairés" du dressage canin. Il semble qu'ils soient même formateurS au fameux permis de chien! Ceci doit nous poser des questions, car nous sommes ici face à la mise en évidence que la société, les maîtres et le législateur confondent tout! La relation Homme chien est complexe et repose sur bien d'autres choses que la relation de dressage. Un chien dressé est un chien DANGEREUX comme l'est tout chien! Il peut même l'être parfois encore plus car selon le mode de dressage, le tempérament du chien, le type de relation et l'environnement, le dressage peut masquer la dangerosité de l'animal.

J'affirme que jamais le dressage ne sera la réponse à la dangerosité du chien. D'ailleurs j'affirme de la même façon que toute relation avec un chien est potentiellement dangereuse d'un point de vue de la morsure. La seule mesure du risque réelle réside dans les différentes capacités morphologiques de l'animal. Mais ne nous trompons pas, même un cocker, un épagneul, un caniche moyen, un labrador, un bobtail, un golden, et tout autre animal dont le morphisme peut nous paraître sympathique peut déclencher un passage à l'acte du type de ce qui vient de se produire.

L'humain par croyance, par refus d'être incompétent, d'être inconscient, par prétention de savoir, par prétention de domination, par le fait que son chien lui obéisse, prend de gros risques et surtout en fait courir aux autres individus. Je rencontre tous les jours des situations qui pourraient conduire à de tel drame, et pourtant souvent les chiens ont été dressés. Une de mes clientes, me montrant ces points de sutures, me démontrait en même temps l'exactitude de l'application des ordres par son chien! Incohérence humaine, pas incohérence canine. Je rappelle que l'on peut faire obéir n'importe quel chien, mais j'affirme aussi que si les fondements éthologiques de son espèce sont baffoués, alors, obéissant ou pas, il aura toujours besoin d'adpater son comportement canin à la situation.

Sans aucune source des causes réelles de l'accident, je peux sans grande difficulté élaborer un scénario ayant conduit à l'accident. Nous le savons, la psychologie de l'enfant de cet âge est spécifique et conduit ce dernier à s'approprier et vouloir tenir et attraper les objets ou même les individus. Il faut savoir que le chien a une approche canine de l'enfant du type "un enfant est comme un chiot", il ne peut prétendre à vouloir se positionner d'un point de vue statutaire élevé. C'est le code canin, c'est ce dont ce chien dispose comme code, c'est sa différence avec l'humain, encore que! L'hypothèse malheureusement banale et connue qui conduit à penser que l'enfant, par geste d'affection et d'appropriation, à pu contraindre physiquement le chien est réaliste. L'attraper par le coup et vouloir le serrer contre lui, même pour "un gros calin"...le chien à cet instant l'aura interprété comme une recherche de remise en cause statutaire inacceptable pour le canidé qu'il est. Les signaux annonciateurs du passage à l'acte sont, nous le savons, mal interpétés ou non compris par l'enfant, et le passage à l'acte devient alors l'ultime moyen de communcation du chien.

Triste réalité qui montre simplement que le chien est un chien et tant que l'on croira et fera croire que seul le chien doit s'adapter à l'homme par l'obéissance, alors on aura des accidents et ceci malgrès toutes les lois du type de celles en vigueur. J'affirme que des chiens "dressés", avec des maîtres "diplomés" du permis chiens mordront encore et toujours.

Cet accident est la preuve que la parole n'est pas laissée aux professionnels du comportement et de la relation mais uniquement au soit disant connaisseurs du chien. Ces connaisseurs de chiens, ne connaissent pas les enjeux de la relation entre l'homme et le chien, ils connaissent le chien en tant qu'individu maléable et redressable. Jamais vous n'entendrez dans la bouche d'un dresseur que c'est à l'homme à s'adapter à ce qu'est le chien. Pourtant j'affirme que c'est la réalité et cela ne propose pas que l'homme se soumette au chien, juste qu'il s'adapte pour le comprendre, ce qui serait un pas énorme vers une relation plus harmonieuse et moins dangereuse.

Cette légitimité du chien et de ses maîtres à travers la vison des comportementalistes et de la notion de RELATION, vous, maîtres, ou futurs maîtres, vous devez la défendre et la promouvoir..Vous pouvez refuser le stéréotypage, la vision étriquée, les solutions simplistes...un jour on obligera peut-être que tous les chiens soient muselés..ou on interdira d'avoir des chiens, ou je ne sais quoi d'autres.....vous avez le pouvoir, pour vous, vos enfants et vos chiens que cela change dans l'esprit de la société!

Aidez-nous à mieux vous aider!

MERCI

Eric BONNEFOI

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Affichage scandaleux dans des halls d’immeubles
Entrant dans un hall d’immeuble pour une consultation, mon regard est attiré par une image et des mots qui parlent d’eux même :

« CES CHIENS SONT DANGEREUX »



Ceci est tout simplement inadmissible et je me renseigne pour déposer une plainte pour affichage abusif.
La loi n’utilise pas cette forme affirmative : « …prévention et protection des personnes contre les chiens susceptibles d'être dangereux… » titre de l’arrêté (Arrêté du 27 avril 1999 pris pour l'application de l'article 211-1 du code rural et établissant la liste des types de chiens susceptibles d'être dangereux, faisant l'objet des mesures prévues aux articles 211-1 à 211-5 du même code).
Il ne s’agit pas pour moi ici de jouer sur les mots, d’ailleurs je ne joue pas !
Le respect de l’usage des mots qui ont été choisi et décidé par le législateur dans le cadre de cette loi est fondamental. Jamais la loi n’affirme la dangerosité.
Je considère donc cela comme une interprétation mensongère à l’encontre de race de chiens et par effet secondaire de leurs maîtres. Afficher publiquement une affirmation de dangerosité sur quelque individu que ce soit est de l’ordre de la diffamation.
Loi Gayssot
Définition générale de la diffamation et de l'injure § 3.- Délits contre les personnes Art. 29 (Ord 6 mai 1944). - Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation- La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l'identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés. Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure.



Bien sûr, je ne me laisserai aller à traiter sur le même plan une personne (terme de la loi) et un chien mais le caractère injurieux se pose de fait sur celui qui est à l’autre bout de la laisse. Si l’on affirme un chien comme dangereux, alors comment qualifiez celui qui en est le propriétaire ? Assassin, délinquant, meurtrier, etc ! Si j’osais, je donnerais ici l’adresse de propriétaires qui seraient heureux de vous présenter leur chien « catégorisé » dont la stabilité comportementale mériterait d’être affichée.
De part ces seules allégations injurieuses, ces maîtres sont donc de fait des dangers pour la société ! Je vous laisse méditer …


Au-delà du caractère illégal d’une telle allégation, j’affirme que ce type d’affichage incite à la haine et conduit à la peur !

Résultat d’une politique du symptôme s’appuyant sur l’émotion générée par des accidents dramatiques, la loi sur les chiens susceptibles d’être dangereux est déjà suffisamment stigmatisante sans qu’on ait besoin d’y ajouter des affichages incitatifs à la haine et à la délation !

Je prendrai le risque d’afficher la photo de cette affiche sans avoir de droit à l’image ni levé de copyright pour ce document !
Il faut parfois aussi braver les éléments pour des causes que l’on considère comme juste !
Merci de votre soutien.
Éric BONNEFOI



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Septembre 2009 :



Une autre façon de catégoriser les humains !

Je n’entrerai pas ici dans le détail des inepties que contient cette loi, d’autres le font bien mieux que moi. Je resterai au niveau qui m’intéresse, à savoir les relations sociales entre le monde du chien et celui de l’humain.

Constat n°1 :

Une anxiété de forme névrotique s’installe et grandie entre les différents propriétaires de chiens et au-delà entre la société des propriétaires et celle des non-propriétaires !
La raison en est simple, la loi ne repose que sur une stigmatisation totalement morphique sans aucun fondement statistique et encore moins scientifique.
Le politique surf sur la peur pour justifier et masquer son incapacité à prendre en compte les grands phénomènes sociaux qui nous touchent.
Si des individus utilisent des chiens à des fins spécifiques cherchant à mettre en péril l’intégrité des personnes et la sécurité publique, il faut le refuser et si besoin les sanctionner. Les lois existent déjà pour ça !
Masquer le manque de courage politique ou d’intérêt porté à des phénomènes sociaux graves sur l’animal est la démonstration d’une politique du symptôme. Elle ne germe d’ailleurs dans l’esprit du politique qu’à l’occasion de faits divers dramatiques.
La catégorisation des armes existe depuis longtemps et pourtant ceci n’a jamais empêché qu’un délit ou un crime soit commit avec un « cutter » en vente libre au rayon papeterie.
Que certains individus utilisent des chiens comme des armes n’est pas et ne sera jamais une problématique canine ! Vouloir construire une table dans laquelle on classifie l’animal en fonction de son degré de « dangerosité » ne peut être accepté comme le résultat d’une politique construite, sérieuse et surtout responsable !

Aujourd’hui lorsqu’un individu rencontre un maître détenteur d’un Rottweiler, le seul sentiment qui prévaut est la peur !
C’est inacceptable, car je vois aujourd’hui en consultation des personnes que la bonne société catégoriserait comme « normaux », qui sont pétrifiés et décontenancés par le regard gorgé d’angoisse voir de haine que l’on pose sur eux et leur chien.

Merci à nos brillants spécialistes de la filière canine d’avoir fabriqué un outil dont le premier effet réel est la haine et la peur de l’autre !


Constat n°2 :

Les refuges sont submergés de « grands chiens » ! Qui est prêt aujourd’hui à adopter un chien qui ne véhicule que de l’angoisse dans la société ?

Le politique va t-il subvenir aux besoins croissants des refuges pour palier ce problème ? Non surement pas !
Le politique va t-il légiférer pour accélérer l’euthanasie de chiens qui ne sont coupables que de leur faciès ? Non surement pas, ce n’est politiquement pas porteur car la société reste globalement sensible à la cause animale.

Alors que fera le politique ? RIEN !

Ce deuxième constat montre le peu de réflexion et de vision éthologique dans l’élaboration de la loi. Elle a créé de nouvelles problématiques, sans apporter aucune solution !

Constat n° 3 :

Le permis chiens est une fausse bonne idée !

Professionnels de l’éthologie canine responsables, nous savons très bien qu’un chien peut tout à fait répondre à un ordre et « obéir » tout en restant une « bombe » en puissance.

Je constate tous les jours que des maîtres, plein de bonne volonté, détenteurs de chien dits non dangereux de type labrador ou bouvier bernois (ironie), savent faire asseoir leur chien. Pourtant, comme c’est étrange, l’objet de leur demande d’intervention concerne des comportements « agressifs ». C’est la réalité éthologique du chien et de la méconnaissance humaine qui nous rattrape, dommage que ça n’intrigue personne.

À force de convaincre les gens que l’équilibre du chien repose sur la domination par le maître et que cette dernière se mesure par la capacité à le faire asseoir, le rapport maître-chien n’est apprécié qu’à travers une vision coercitive très loin des fondements éthologiques du chien.

On préfère envoyer les gens effectuer à leur frais (bien sur puisque c’est une sanction) un stage de « dresseur ». C’est un peu comme si au lieu d’apprendre aux gens ce qu’est une voiture, comment elle se conduit et s’entretient, on leur faisait faire un stage de policier pour leur apprendre comment on dresse un procès verbal et comment on fait respecter la règle.
J’affirme que tout chien est apte dès le départ à une vie harmonieuse avec l’humain, à condition que ce dernier connaisse et peut comprenne de quoi il en retourne.

Alors oui, l’idée d’une formation, véritable sensibilisation à l’éthologie et au comportement animal, inscrite dans la prise en compte de la spécificité de chaque famille, aurait eu un véritable intérêt de sécurité publique.
Un permis de chien ne mesurant en fait que cette capacité d’une soit disant maîtrise du chien, n’est pas une bonne idée. A mon sens cela peut même avoir des effets pervers. J’entends trop souvent de maîtres me dire « je maîtrise mon chien, regardez ! ».
J’affirme que ce même chien, bien maitrisé, passera à l’acte comme n’importe quel chien, dès qu’une occasion éthologiquement nécessaire se présentera. J’affirme ici qu’un jour nous vérifierons malheureusement, forcément à travers un drame, que malgré un permis en règle, un chien défigurera ou tuera un enfant ! Et je suis prêt ici à prendre le paris que ce chien n’entrera pas dans la catégorisation « dangereuse ».

Constat n°4 :

Prime à la casse pour les chiens polluants la vie et la sécurité !
Il semble que nous soyons plus soucieux que les gens possèdent une voiture neuve en bon état, qu’ils puissent vivre en harmonie avec ceux qui nous accompagnent depuis 15 000 ans.

Étrangement, aucun moyen financier d’aide aux maîtres en difficulté n’a été prévu par la loi. Pas plus d’ailleurs pour les associations de protection de type refuges. Au contraire, les maîtres doivent débourser des sommes conséquentes pour se mettre en règle. Personne n’a imaginer qu’il pouvait y avoir une frange de la société qui ne pouvait accéder à ce type de frais.

Forcément, chacun sait que si les gens ont des chiens c’est leurs problèmes et qu’ils n’ont cas s’en séparer s’ils n’ont pas les moyens de les assumer ! Nous savons tous que le chien ne répond à aucun besoin psychologique chez l’humain ! Nous savons tous aussi que l’augmentation du nombre de chiens en France n’a rien à voir avec une situation sociale emprunte de d’un mal être croissant !

Exemple évident que nos décideurs considèrent le chien comme un simple objet de loisir dont la détention n’est pas nécessaire et surtout pas essentielle pour certains.

Cette vision politique de la nature humaine est affligeante, car elle semble considérer que l’homme doit avant tout pouvoir assouvir son besoin de vitres électriques et d’autoradio Mp3.
Mais peut-être suis-je dans l’erreur et que ce soutien à l’achat de voitures neuves se fonde sur un principe tout à fait louable de précaution et de sécurité publique.
Étrangement, la loi sur les chiens « dangereux », qui repose paraît-il sur le même principe de sécurité publique, ne conduit pas aux même moyens financiers à mettre en œuvre.
Offrons à chaque propriétaire de chien, soucieux d’avoir une démarche citoyenne de sécurité publique une prime lui permettant de tout mettre en œuvre pour répondre aux exigences de notre société et vous verrez comme il deviendra alors facile d’améliorer la situation.
Si l’achat ou l’adoption d’un chien, quelle que soit sa race, s ‘appuyait sur une obligation légale aidée, de formation à l’éthologie et au comportement, les refuges se videraient, les accidents diminueraient considérablement. Cela ne ressemblerait-il pas à une véritable mesure de sécurité et de santé publique ?

Exemple de ce que l’on sait faire : le remboursement par la sécurité sociale d’un montant d’une cinquantaine d’euros par an pour ceux qui veulent arrêter de fumer existe.
Objectif : aider et soutenir une démarche individuelle complexe et couteuse.
Pourtant après tout, si quelqu’un fume c’est son problème, laissons-le se débrouiller par ses propres moyens !

Ce n’est pas mon métier de définir sous quelle forme ceci pourrait être mis en place, par contre, il est de ma compétence professionnelle d’affirmer que ceci pourrait avoir un véritable impact sur la problématique du chien domestique.

La nouvelle loi sur les chiens dangereux

La nouvelle loi sur les chiens dangereux a été votée suite aux drames qui se sont produits ces derniers mois de l'année 2007.

Pourquoi cette loi est loin de répondre aux besoins et aux attentes de sécurité publique ?


Car elle repose sur trois principes qui sont insuffisants ou mal abordés !

Réaffirmer l’existence de chiens dangereux !
Ce principe est basé sur un non sens fondamental. Tous les chiens sont dangereux, c’est un fait établi et qualifier certaines races comme particulièrement dangereuses est une erreur. Il n’y a pas un gène de l’agressivité envers les humains, donc pas de classement possible en fonction d’une race. C’est la taille et la puissance de l’animal qui créées sa dangerosité et non son aptitude innée à être ou non méchant. Il existe des Rottweilers doux comme des agneaux alors qu’il existe des Caniches d’une agressivité démoniaque. Alors parlons de risques liés à la corpulence, à la puissance, à la taille des dents et à la force de la mâchoire mais pas à la race.
Pour information, au palmarès des 60 000 accidents de morsures par an, on trouve en très bonne place le, si bon et si doux, Labrador. Le même chien est défini comme celui ayant des qualités supérieures à l’aide aux personnes handicapées.
Cette stigmatisation n’a comme conséquence que de catégoriser les propriétaires et en aucune façon d’appréhender le risque dans sa réalité purement physique.

Le 4C, Collectif Contre la Catégorisation des Chiens, qui rassemblent de nombreux spécialistes de la filière canine, milite contre l'idée d'un "racisme canin" qui déculpabiliserait l'humain de ses responsabilités en terme de sélection canine. Informez vous : www.against-bsl.eu  et adhéré comme moi à cette association.

Définir le dressage comme garant de tous risques !

Ceci est aussi faux qu’inconscient ! Bien sur la maîtrise de son chien est nécessaire et intéressante pour une vie en société et ne serait-ce que pour protéger l’animal lui-même contre des risques d’accident. Cette maîtrise du « revient-assis-couché » est une bonne base qui permet d’asseoir la relation homme-chien de façon plus confortable.
Mais le dressage ou éducation ne sera jamais le garant des accidents car il ne prend pas en compte l’aspect comportemental de l’animal. Si vous avez lu les pages précédentes, vous comprendrez qu’exclure toutes les sources de l’influence humaine, environnementale, familiale, du comportement du chien est une lourde erreur. Hors les éducateurs canins n’ont pas les connaissances pour traiter de ce champ comportemental et s’ils font bien leur travail de dressage, ils arriveront au mieux à obtenir un chien obéissant, mais sûrement pas un chien équilibré, seul source potentielle d’une certaine sérénité par rapport au danger.



Faire établir un bilan comportemental des chiens mordeurs !
Ce point est intéressant à double titre. Tout d’abord parce qu’il met en scène une profession dont personne ne peut nier la qualité et la nécessité, les vétérinaires. Pour autant ces spécialistes des pathologies, du soin et de la prévention médicale, n’ont pas les compétences pour ce qui touche aux comportements. La formation de vétérinaire n’est pas adaptée pour cela, tout simplement parce que ce n‘est pas leur métier. C’est leur demander d’établir un diagnostic et de formuler un avis qui aura valeur opposable sur un animal dont ils ne peuvent par un simple questionnement connaître les troubles comportementaux. Ce principe ne répond à aucune exigence professionnelle pourtant nécessaire et risque par ailleurs de mettre les vétérinaires devant des responsabilités légales qu’ils ne pourront pas endosser.
Ensuite et sans parler de la qualité du test et de l’interrogatoire, que ferons-nous du bilan. Est-ce qu’avec un simple bilan sanguin, chacun peut trouver les remèdes à ses maux. En imaginant que ce test puisse donner une réelle information, qui prend en charge le diagnostic, qui traite, qui aide et soutien le propriétaire du chien ? Si c’est le vétérinaire et si cela veut être sérieux alors ils ne pourront plus s’attacher à leur fonction et mission premières.
Sachant que les problèmes comportementaux ou de relation homme-chien nécessitent des entretiens longs, des échanges, un suivi, une approche psychologique humaine, une approche environnementale précise, imaginons-nous que les vétérinaires mettront de coté leur métier pour se centrer sur ces questions ?
Ce bilan est encore une fois une non-réponse. C’est comme si le bilan d’évaluation d’un élève en difficulté scolaire permettait de statuer sur son avenir, sa destination, et surtout permettait d’aider les parents à l’accompagner vers une situation plus favorable. Toutes choses égales par ailleurs, la sagesse et le bon sens suffisent pour mesurer la légèreté de telles décisions sensées répondre à un problème de sécurité publique et de paix sociale.

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L’actualité nous offre encore malheureusement un exemple concret des enjeux !

Seul fruit du hasard ou changement important dans la nature de relation entre l’enfant et le chien à cet âge ?

Toutes ces questions mériteraient approfondissement et vérification.


Mais qui s’inquiète et s’occupe d’offrir aux propriétaires de chiens, quels qu’ils soient, un accès à une profession qualifiée et réglementée qui pourraient prendre en compte des situations complexes pouvant aider à éviter de tels drames ?

Il y a une place pour tout le monde dans la filière canine.

Les dresseurs ou éducateurs ont leurs activités et leurs spécificités. Les vétérinaires n’ont plus à prouver leur valeur et leur nécessité.


Les comportementalistes pourraient trouver naturellement leur place si la société, à l’image des sociétés anglo-saxonnes, reconnaissait leurs compétences en les impliquant dans un véritable texte de loi de sécurité et de santé publique.

Si vous souhaitez réagir, débattre sur ce sujet, apporter votre opinion, soutenir l'idée de la place des comportementalistes dans la filière canine. N'hésitez pas, contactez moi !

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Janvier 2008, un chien bien docile, dévore l’enfant de la famille âgé de 2 ans ! 

Sans connaître les faits et l’environnement du drame, je soumets à votre appréciation cette réflexion :

Ce chien tout à fait en règle, n’ayant pas fait l’objet de morsure et donc n’ayant pas passé de bilan, a mortellement agressé l’enfant de ses maîtres.

Tant que les politiques croiront que de tels drames peuvent être réglés par le dressage ou le bilan comportemental ils se reproduiront.
S’il est une preuve de la non-reconnaissance de l’aspect comportemental des accidents, elle se mesure très bien dans l’incapacité des autorités définies par la loi, à expliquer de tels accidents. On entend tout et son contraire, des inepties les plus profondes, aux tentatives de corrélation à une dangerosité innée de l’animal en cause.
La réalité est très certainement ailleurs et en tous cas des questions mériteraient une réponse.
Quelle place avait ce chien dans le foyer ? Était-il l’ « enfant » de la famille avant l’arrivée de celui -ci ?
Quelles adaptations environnementales ont été prisent à l’arrivée de l’enfant dans le foyer ?
Pourquoi le chien a t-il attendu l’âge des deux ans de l’enfant pour frapper ?

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MARS 2008…….VICTIME D’AVOIR CRU BIEN FAIRE !

Actualité : malheureusement encore un exemple concret d’accident grave dans un contexte de « chien ascenseur ».Bien évidemment, il ne s’agit pas pour moi ici de juger ni le maître des deux chiens ni la personne qui a été blessée. Il s’agit uniquement d’essayer d’être simplement pédagogique.

 Journal de la Saône et Loire (Mars 2008)

« L'attaque s'est produite samedi en début d'après-midi au Creusot, s'il faut en croire le Journal de Saône-et-Loire, qui révèle l'affaire. Une femme de 65 ans, qui promenait son Yorkshire, s'est trouvée face à deux chiens, décrits sans plus de précision comme des "chiens d'attaque". Toujours selon le journal, les deux animaux n'étaient ni en laisse, ni muselés ; ils auraient accouru depuis un square situé de l'autre côté de la rue pour se jeter sur elle ».

Les chiens ne la visaient pas directement, semble-t-il, mais en voulaient à son Yorkshire. Blessée alors qu'elle avait pris le petit animal dans ses bras pour le protéger, elle a été brièvement hospitalisée. Gravement mordue à la main gauche, elle devra de nouveau subir des examens mardi à l'hôpital.

Commentaires :

Personne ne saura jamais ce qui se serait passé si les chiens s’étaient trouver face au Yorkshire au sol. Notre peur tout à fait humaine que le petit soit dévoré par les gros est une vision totalement anthropomorphique de la situation. Il est tout à fait envisageable que le petit se soit soumis immédiatement, ne serait-ce que par l’attitude et de la taille des visiteurs. Par ailleurs s’il avait eu quelques velléités à en découdre, rien d’anormal à cela entre chien, les chiens l’auraient peut-être simplement remis à sa place. N’oublions jamais qu’un chien, même de 4kg, reste un chien et qu’il utilise les seuls modes de communication qu’il connaît, les codes canins.

La maîtresse, qu’il ne s’agit bien sur pas de blâmer et à laquelle je souhaite de se remettre rapidement, à seulement cru nécessaire de devoir protéger son petit chien.

Grave erreur, fatale à son bras et à son Yorkshire qui a de plus succombé à ses blessures.

 

C’est encore malheureusement le manque de connaissance de ce que sont les chiens et de leurs comportements qui conduit à ce drame. Bien sur, le propriétaire des deux chiens aurait dû pouvoir les maîtriser, mais la loi ne peut pas tout régler, les accidents naissent toujours ou presque de conditions particulières. Je n'ai encore jamais vu de voiture se télescoper à un croisement quand tout le monde respecte les feus de signalisation. Mais il arrive que certains passent à l’orange et d’autre démarrent trop vite avant le feu vert. Pourtant la loi existe !

 

Comme je l’ai déjà évoqué à plusieurs reprises, aucun humain n’est de taille pour faire reculer un chien qui aurait un comportement agressif et encore moins quand la situation « perturbée » par l’homme augmente les causes du comportement agressif.

Si l’on se place au regard des chiens, et sans présager d’éléments dont je n’aurais pas connaissance à cet instant, il est évident que les deux chiens ne pouvaient accepter la position du petit qui, hissé dans les bras de sa maîtresse, c’est retrouvé malgré lui en position haute donc dominante. Il s’agit clairement d’un brouillage des codes sociaux des chiens conduisant à un comportement amplifié d’agressivité.

 

Au final, et c’est cela qu’il est important de relever, une dame est gravement blessée, son chien est mort et les deux chiens seront très certainement euthanasiés. Tout ceci par manque de connaissance et par peur. Si l’on faisait de la formation et de la pédagogie au lieu de fabriquer des symptômes d’angoisse et de peur auprès du grand public, on pourrait éviter ce genre de drame et bien d’autres encore.

Je suis personnellement confronté régulièrement à ce genre de situations et croyez-moi, tant que l’on n’aura comme réponse que des lois de catégorisation des chiens et des maîtres, en utilisant des descriptions horrifiantes de bêtes féroces nées pour tuer, je vous assure que d’autres accidents vont se produire et se produisent déjà.

Copyright E.Bonnefoi/2009

Catégorisation des chiens : coup de gueule !


Octobre 2009 :
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