La relation avec son animal ne s’arrête pas à sa

disparition ! 

Interview réalisés par Dominique Sée et Alexandra Luthereau ("quatre-pattes-et-un-enterrement")accéder au dossier complet :http://quatre-pattes-et-un-enterrement.blogspot.fr/

La place occupée par certains animaux de compagnie dans la vie est essentielle au bon équilibre affectif d’un bon nombre d’entre nous.

La disparition d’un animal peut tout à fait s’apparenter à la perte d’un proche et ceci, je l’affirme, n’a pas à être rayé, moqué, et encore moins jugé. 


La prise en compte de la douleur occasionnée par le décès de nos compagnons est une question de respect de l’humain d’autant plus qu’à la différence d’autres comportements, elle n’a aucun effet secondaire de type anthropomorphique sur l’animal disparu. 

Il s’agit donc d’une histoire d’humain et non plus d’une seule histoire d’animal et je considère que tout ce qui peut permettre à mes congénères de vivre leur deuil de la manière la plus intime et personnelle possible doit être accueilli avec bienveillance.

Je ne me positionne pas en terme commercial ni en terme de coût, la seule chose qui m’importe dans la démarche proposée est l’existence d’une offre de service qui par le regard et la sensibilité des personnes qui la portent, mérite d’être soutenue comme je le fais à chaque fois que je considère qu’une cause me semble simplement positive.

Faire son deuil est une activité psychologique nécessaire de la vie et pas seulement à l’occasion d’un décès. 


Changer de lieu de vie, passer de l’enfance à l’adolescence, puis à l’âge adulte, où encore passer de jeune femme à maman, mais aussi de parents à grands parents, les situations de changement sont nombreuses et sont autant de bouleversements émotionnels qui nécessitent de faire un deuil.

Chacun fait ce qu’il peut ou ce qu’il veut, mais en conscience ou de façon inconsciente, le deuil de la situation passée est nécessaire pour continuer à vivre. Ce cheminement est de l’ordre de l’intime et peut passer par des actes si personnels qu’ils échappent parfois à toute logique rationnelle.

Bien sur, en ce sens ils peuvent être mal compris par les autres et si l’incompréhension peut exister, le jugement par une quelconque morale collective est une tentative de violation de l’intimité.

La mort de son chien, de son chat ou de tout autre être vivant qui trouve sa place dans notre affect est un événement douloureux. Il faut savoir que dans nos cultures il est parfois difficile d’oser pleurer, d’oser exprimer notre douleur, d'autant plus que le motif est parfois mal compris.

De même les professionnels comme par exemple les vétérinaires qui, sont souvent les premières personnes en contact avec les maîtres atterrés, sont parfois démunis face à cette douleur. Certaines personnes ne rencontrent, même dans leur entourage proche, que très peu d’empathie à l’occasion de cet événement. La douleur et la tristesse occasionnées nécessitent parfois un soutien extérieur, une oreille bienveillante, une écoute compatissante mais aussi un appui et parfois des conseils d’ordre pratique.

Proposer des prestations qui permettent à chacun de construire le cadre intime de la gestion de son deuil peut apporter un vrai soulagement. Le fait de se sentir écoutée, comprise, et accompagnée, offre à la personne en souffrance la liberté d’exprimer ses émotions comme bon lui semble.

Alors puisque ces services existent, chacun, en fonction de ses besoins et de ses moyens doit pouvoir y avoir accès en toute sérénité. 


Le deuil est important car il est le passage obligé vers l’avenir.

L’acquisition d’un autre animal est souvent malheureusement faite dans le cadre d’un deuil inachevé. Ceci est parfois la source de nombreuses désillusions et même parfois d’échecs dans la relation avec le nouvel animal.

Avant de passer à une relation nouvelle il est nécessaire d’être en paix avec l’émotion de la perte de l’animal précèdent. Peut importe ce qui permet ce passage, car ce qui compte c’est que la relation avec l’animal disparu puisse être transformée en relation apaisée. La recherche dans le nouvel animal de la même relation qu’avec l’animal disparu n’est pas saine. 
C’est toute la question du souvenir qui est cause. En effet je considère que la relation ne s’interrompt jamais. Elle doit se transformer car le lien avec l’être aimé perdure tant que nos facultés psychiques subsistent. C’est ce que nous aurons fait pour que ce souvenir ne soit pas gênant qui est le garant d’une saine relation avec le nouvel animal. 


Pour que ce souvenir puisse être délicatement rangé dans notre boite à émotion, il est utile et même nécessaire pour certains de symboliser et de matérialiser ce passage de la relation de vie à la relation de pensée. Avoir besoin d’une cérémonie, de fleurs, d’objets, d’un sanctuaire, d’un lieu, de tout ce qui fait que l’on peut se sentir en harmonie avec l’amour qu’on a eu et qu’on a encore pour cet animal disparu, ne peut être que bénéfique pour les humains que nous sommes.

 

Si j’ai choisi d’être présent au coté de Dignami et de soutenir son activité, c’est que la qualité de l’approche et les idées qui sous tendent cette offre mettent tout à fait en évidence et prennent bien en compte l’importance de la relation entre l’homme et l’animal.

Si du temps de son vivant l’animal doit être respecté en tant que tel par ses maîtres, j’affirme qu’au moment de sa disparition, nous nous devons le même respect de son maître, un humain en souffrance.

 

 Eric BONNEFOI – Relatiologue© canin




Si vous avez besoin d'une écoute et de conseils en ce moment de tristesse, vous serez attentivement accompagné par Dignami.